
Le "
Tramway Touristique de St-Trojan", imaginé en 1959 par le
Docteur Pol Gala, médecin militaire, passionné de chemin de fer, est la transcription oléronnaise de l'ancien réseau à voie de 0,60 de Royan à Ronce-les-Bains. Initialement, le Docteur Gala avait imaginé pouvoir rétablir cette ligne disparue depuis quelques années. Mais le projet de construction d'une route touristique côtière, empruntant en partie l'ancienne plateforme ferroviaire, eut raison de ce beau rêve. Pol Gala ne voulut pas pour autant abandonner la partie. Il songea à un endroit idéal où l'âme du petit train de Ronce-les-Bains pourrait revivre. Ainsi, furent donc choisis Oléron et Saint-Trojan ...
Après bien des difficultés administratives pour élaborer de manière concrète le projet, les premiers piquetages du tracé et le premier coup de pelle furent donnés en 1962. Le
Tramway Touristique de Saint-Trojan, comme on l'appelait alors, effectua son premier voyage ouvert au public le
29 juin 1963. La ligne, à l'époque, se limitait au trajet
Saint-Trojan / Gatseau et empruntait un parcours sensiblement différent de celui que nous connaissons aujourd'hui, notamment dans sa première partie de parcours. En effet, la voie ferrée était en accôtement routier de Saint-Trojan à la gare des Brys, le long de la route communale qui aujourd'hui relie Saint-Trojan au Centre Equestre du Carbet. La fréquentation routière, devenue trop importante, et rendue dangereuse par sa juxtaposition avec la voie ferrée, nécessitera la création d'un nouveau tracé dans les années 70, passant plus au Nord, en site propre, en traversant la forêt dans un environnement nettement plus agréable et pittoresque. La voie d'origine entre Saint-Trojan et les Brys sera alors abandonnée et déferrée. La nouvelle déviation devant s'affranchir d'une haute dune, il en résultera deux rampes plutôt sévères et étonnantes pour ce réseau insulaire. La rampe des Brys notamment, peu avant la gare du même nom, atteint les 20mm/m, demandant un effort considérable aux locotracteurs Billard, surtout à l'automne lorsque la voie est rendue grasse et glissante par les feuilles et les bruines. De ce fait, il arrive parfois que l'on voit à l'automne des trains en double traction avec pousse non attelée.
Entre 1963 et 1965, les travaux de prolongation de la ligne furent poursuivis. En Juillet 1965 le tracé de la voie atteignait la
Côte Sauvage et le
Pertuis de Maumusson. La première gare terminus de Maumusson, au sein de la Grande Dune, est aujourd'hui engloutie à plus de 600 mètres en mer. En effet, l'érosion naturelle de l'Océan Atlantique et du vent ont fait reculer la côte occidentale d'Oléron dans un sens Ouest-Est et l'Océan a repris ce qu'il avait perdu il y a 100 ans, lorsque le mouvement naturel des terres s'orientait alors d'Est en Ouest. Cette érosion a ceci de remarquable, qu'elle a fait de la
gare de Maumusson, la seule gare française à avoir été totalement
reconstruite par
22 fois en
45 années !